histoiredelafrique


Aller au contenu

Menu principal:


Résistance et défaite de l'Empire Ashanti

Ghana

Il est à noter que jamais les hollandais ne tentèrent de s’emparer du royaume, négociant l’établissement de petits comptoirs, offrant même une éducation européenne aux princes de la maison royale. Il ne s’agit pas ici de s’attendrir sur l’humanisme néerlandais car la Compagnie des Indes Orientales ne voyait que le commerce financier avant toute dignité humaine en ce milieu de XIXème siècle. D’ailleurs, les Hollandais allaient bientôt être délogés par leurs rivaux britanniques dont l’humanisme faisait aussi peine à voir (1843). Kouakou Doua Ier voit rouge lorsqu’on lui annonce que des commerçants Ashantis ont été attaqués. Si les attaquants ont du mal à être identifiés, l’Asantehene lui n’y voit que la remise en cause du traité de 1831 qui stipulait que nul étranger ne pénétrerait dans son royaume. C’est de nouveau le conflit avec les Anglais, de nouveau la défaite. En Avril 1863, il tente de nouveau de reprendre les côtes mais c’est un autre échec. Son successeur et petit-neveu sur le siège d’or, Koffi Karikari nommé le 28 Mai 1867 fut victime d’un coup d’état organisé par une coalition entre les anglais et le régent Kwabena Dwomo le 26 octobre 1874.

L’Asantehene Karikari avait peu goûté à la décision des anglais de libérer les esclaves et avaient décidé de les bouter hors de son pays. Saluons le patriotisme du Roi, mais celui-ci s’était sans nul doute surestimé face à l’armement des troupes anglaises. Après un mois de conflit, les anglais pénètrent à Koumassi le 4 Février 1874, l’incendient et impose le versement d’une lourde compensation en or aux Ashantis. La Côte (Sud) de l’Or (Gold Coast) ainsi démembrée est officiellement déclarée colonie britannique du Togoland (Traité de Formena du 14 Mars 1874, l’Asantehene renonce au fort d’Elmina)
.
Le régent imposé par les Britanniques fut renversé à son tour par l’Asantehene prétendant Mensa Bonsu (son frère) sans que les nouveaux colonisateurs n’interviennent. Son règne ne fut pas plus long que les autres. Il est contraint d’abdiquer le 8 Mars 1883 ; les anglais ne supportaient plus son esprit d’indépendance. Dans l’Empire, les royalistes légitimistes tentent de reprendre le Siège d’Or. En 1877, Karikari tente un coup d’état. C’est un échec. Avec l’abdication de Mensa Bonsu, le souverain déchu retente de nouveau sa chance. C’est désormais la guerre civile. En Août 1883, prenant prétexte d’une conférence de paix, Karikari (qui a été proclamé Roi par les chefs tribaux) est arrêté. Il réussit cependant à s’échapper mais 2000 de ses partisans seront massacrés.

Cette intrusion dans les affaires internes du royaume des anglais va provoquer une guerre civile. Le trône vacant, un Conseil Royal se forma en attendant la désignation du nouveau souverain. Kouakou Doua II qui fut élevé au rang d’Asantehene mourut rapidement après un bref règne s’étendant du 28 Avril au 11 Juin 1884 (mort de la varicelle). Le fils d’Oseï Tutu Kwame, le Prince Owasou Ausa se rebelle contre cette succession imposée par l’homme blanc. Karibari réclame lui aussi son trône. Il sera assassiné le 24 Juin 1884. Le Prince Akyampo Panin s’arroge les pouvoirs à Koumassi au détriment du Prince choisi Prempeh, à peine âgé de 15 ans. La Régente Ya Kyaa fait arrêter et exécuter l’usurpateur. La sœur de Karikari va froidement purger la capitale des partisans de son rival, le Prince Twereboanna.

En Février 1887, elle fait couronner dans l’urgence Prempeh Ier. Le Prince Twereboanna soulève ses troupes et accule la famille royale. La régente pense se rendre mais une soudaine révolte inattendue contraint Twereboanna à s’enfuir.


Lee 26 Mars 1888, Nana Prempeh Ier (ou Kouakou Doua III) peut enfin monter sur le trône du tabouret d’or. En 1891, les derniers partisans du Prince Twereboanna se rendront définitivement.

Le jeune souverain est secondé par sa mère l’Asantehemaa Yaa Akya qui se fait fort de restaurer la souveraineté nationale bafouée. Prempeh Ier d’ailleurs est d’accord sur ce point. Il n’a pas l’intention de brader l’Empire Ashanti aux européens ni de le laisser se faire piller sans réagir. Lorsque le Gouverneur Britannique vient lui demander d’accepter le protectorat de Sa Royale Majesté anglaise, Prempeh lui oppose un refus net et direct. « Que l’Angleterre respecte la souveraineté des Ashantis et ceux-ci demeureront leurs amis » aurait pu déclarer en substance le souverain.
Bafoué par le souverain, les anglais apprennent bientôt que celui-ci a fait alliance avec le Guinéen Samory Touré qui lutte contre les colonisateurs au Nord de la Côte d’Ivoire. Prétextant une dette toujours pas remboursée, ses tergiversations sur le protectorat, les troupes Britanniques envahissent le Royaume Ashanti et s’emparent de Koumassi le 20 Janvier 1896. Toute la famille royale fut arrêtée. Prempeh Ier en présence du futur fondateur du scoutisme (Baden Powell) doit baiser les pieds d son vainqueur, Sir Francis Scott. Le souverain est emmené sous bonne garde au fort d’Elmina et mis sous résidence surveillée. Craignant des révoltes, les autorités anglaises décident de l’envoyer en Sierra Léone en 1897 non sans avoir au préalable détruit à l’explosif le Mausolée Royal de Bantama. Koumassi est annexée au territoire britannique et confiée à une administration anglo-saxonne.

ACCUEIL | Ouganda | Côte d'Ivoire | Ethiopie | Rwanda | Burundi | Madagascar | Ghana | Bénin | Angola | Tanzanie (Zanzibar) | Centrafrique | Afrique du Sud | Lesotho | Libye | Swaziland | Egypte | Tunisie | CAMEROUN | Kenya | Mali | Maroc | Plan du site


Ce site ne soutient aucun mouvement politique quelque soit sa nature et n'a qu'un but historique, merci de votre compréhension | draken291@hotmail.fr

Retourner au contenu | Retourner au menu